La photo, nouveau lien social chez les ados

1,4 milliard de photos sont prises chaque jour dans le monde. Des milliers de selfies et de MMS circulent sur les réseaux sociaux. Avanquest, acteur majeur de la création digitale personnalisée (près de 30 millions de photos ont déjà été imprimées avec FreePrints, sa dernière application), dévoile les résultats du premier volet de son enquête OpinionWay, consacrée à la photo et les jeunes de 14 à 18 ans[1]. La photo, outil de com’ chez les jeunes Véritable objet générationnel, le téléphone mobile éclipse le déjà classique appareil photo numérique : les ados communiquent par la photo, d’où l’explosion du nombre de photos prises chaque jour.

  • 9 ados sur 10 utilisent leur portable pour prendre des photos.

La photo chez les jeunes devient un moyen de désignation pratique et ludique, bien plus qu’une passion esthétique.

  • 40 % des ados utilisent désormais la photo pour partager leur vie quotidienne avec leur entourage : lieu de vacances, mode, fête, et surtout état d’âme et émotion du moment, …
  • 53 % sont des photos d’amis et 37% d’eux-mêmes avec leurs amis.

Ils sont de grands adeptes de selfies :

  • 62% des ados déclarent être des adeptes des selfies, loin devant le reste de la population française (22% seulement).
  • 43% des 14-18 ans auraient d’ailleurs rêvés figurer sur le célèbre selfie de Brad Pitt, Angelina et toute la bande des Oscars 2014.

Les photos interdites deviennent également un must ! Photos compromettantes de personnes de leur entourage lors d’une fête, photos de professeurs en classe, ou encore photos intimes …

  • 55% des 14-18 ans déclarent prendre des photos interdites.

Photo instantanée ou photo souvenir, qu’est-ce que les ados font de leurs photos ? « L’exhibition » et le partage sont largement répandus chez les jeunes :

  • 40 % des 14-18 ans postent leurs photos sur les réseaux sociaux, 40% les envoient par MMS, et 31% par mail,  plus facile pour les exhiber, les échanger,  les transformer !

Une photo imprimée  est « sacrée » pour eux.

  • Pour 53 % des 14-18 ans, pour imprimer leur photo, il faut vraiment une occasion très spéciale.
  • 62 % d’entre eux estiment que réaliser un album photo est une bonne raison pour imprimer ses photos.

Pour 1 ado sur 4, le prix de l’impression reste le principal frein :

  • 23% aimeraient bien que le prix baisse.

 S’ils passent moins facilement ce cap de l’impression que leurs aînés, les photos que les ados choisissent d’imprimer présente une valeur sentimentale et émotionnelle toute particulière.

  • 24% des 14/18 ans déclarent imprimer leurs photos, (contre près de 40% des Français tous âges confondus) !
  • Les moments passés en famille  représentent 53 % des photos imprimées par les adolescents.

3 Questions à Ronan Chastellier, Sociologue -       Quel est votre principal constat au regard de ces résultats et de vos observations ? Je constate l’émergence d’une photo plus spontanée, la photo réflexe, la photo d’état d’esprit ou d’attitude. Il y a aujourd’hui surtout chez les plus jeunes, une certaine injonction à la visibilité de tout. Tout doit pouvoir se montrer tout le temps : un point de vue, des états d’âme car l’ado étant maintenant jaugé au travers de la quantité de signes, d’images qu’il produit. Cette nouvelle dimension « existencielle » où l’on existe par les photos qu’on prend et qu’on s’envoie en direct live caractérise aussi une certaine modernité où ce qui n’est pas visible n’existe pas.  La photo se prend instinctivement, sans beaucoup de recul sur le mode de la pulsion et du désir. -       La généralisation de la photo numérique a t-elle modifié certains comportements, notamment chez les jeunes ? Elle instaure une nouvelle forme de lien social. Chez certains jeunes, il n’y a que la photo pour maintenir une certaine communication sociale. Les images circulent dans une économie de langage et de mot. A l’extrême, c’est une pratique sans phrase et cela se substitue à la conversation. -       Et la photo elle-même a été bien transformée … On est loin des stricts clichés d’autrefois !? Grâce au téléphone portable, la dimension Fun de la photo a été « augmentée ». Une photo devient un signe du non sérieux, un clin d’œil et l’on pratique une sorte d’amusement communautaire via des photos « Lol », qui doivent beaucoup à la culture visuelle du bêtisier. Dans cet esprit, on retouche beaucoup ses photos, avec un logiciel (36% pour les jeunes) ou avec des applis spéciales (18%). Il s’agit d’un processus d’appropriation de l’image, de volonté de personnalisation, proche de la tendance du « do it your self » et d’une envie de « scrapbooking » qui devient le nouvel album photo générationnel. A l’inverse du « court termisme » des photos d’un téléphone portable, l’impression fixe le passé et permet de rentrer dans un processus inoubliable. Plus exceptionnelle chez les ados, la photo imprimée possède une dimension affective et un caractère fortement émotionnel.


[1] Enquête OpinionWay menée en mai 2014 auprès de 1112 personnes dont 104 adolescents. 
Avanquest - Communiqué de presse - Le mois de la photoPDF